♥ MILLE SOLEILS ♥ sélection shopping 3Suisses + DiploMode

Mille soleils

Sac à anses fausse fourrure femme
3 Suisses Collection

35.99 €

Cet hiver, on craque pour la tendance fausse fourrure, avec ce sac à anses mi faux-cuir mi fausse fourrure.

De belle contenance, il pourra contenir toutes nos affaires, chaudement emmitouflées !

Fausse fourrure douce sur le devant. Dos, anses sur crochets métal doré et détails simili cuir. Plis creux pour donner du volume.

Fermeture zippée. 2 poches intérieures dont 1 zippée.
Dimensions 46 x 18 x 26 cm environ.

Composition : 40% polyester, 60% polyuréthane.
Doublure textile.

http://www.3suisses.fr/femme/accessoires/sacs-main/sac-anses-fausse-fourrure-femme-R20015764


Mille soleils

Coque iPad

DiploMode
Collection Trésors éphémères

72,95 €

Un boitier en plastique ultra-mince qui protège le dos et les côtés de votre iPad sans ajouter d’épaisseur.

Cette coque finition brillante offre un accès facile à tous les ports, capteurs, caméras et contrôles et est compatible avec un Smart Cover.

Conçu pour l’Apple iPad 2/3/4.

http://diplomode.ambassadedefrance.info/mobile

Publicités

AMOUR TOUJOURS : sélection shopping 3 Suisses + DiploMode

AMOUR TOUJOURS


Sac pompons femme
3 Suisses Collection

48.99 €

Hyper féminin, ce petit sac à pompons renfermera nos plus jolis secrets !

Bandoulière réglable. Poche extérieure côté fermée par pression. Fantaisie de pompons. 1 poche zippée intérieure.

100% croûte de porc. Doublure textile imprimée léopard.

Dimensions 26 x 16 x 19 cm environ.

http://www.3suisses.fr/femme/accessoires/sacs-main/sac-pompons-femme-R20017650


Amour toujours

Coque iPhone 5

DiploMode
Collection Trésors éphémères

39,95 €

Ce boîtier élégant et léger est conçue pour l’iPhone 5.

Elle est en plastique flexible, permet l’accès à tous les ports et boutons, protège le dos et les coins de votre iPhone 5 contre les chocs.

http://diplomode.ambassadedefrance.info/mobile

Escapade dans le Paris du Moyen Âge


© Steven Levourch/CMN de PAris/CMN de Paris/Henri Manguy

Bien sûr il y a la Tour Eiffel, l’Arc de Triomphe et le Sacré-Cœur : une visite réussie de Paris ne saurait s’en passer. Mais il existe un autre Paris, moins touristique, plus mystérieux : L’Internaute.Com vous invite à découvrir le Paris du Moyen Âge.

La tour Jean sans peur

On ne s’attend pas à trouver, un peu caché au milieu de tous ces immeubles haussmanniens, un donjon médiéval dont l’architecture emprunte immédiatement à la Bourgogne.

Ce donjon, construit de 1409 à 1411, est tout ce qu’il reste des très beaux palais parisiens des Ducs de Bourgogne. D’un point de vue architectural, la Tour est particulièrement réputée pour son grand escalier à vis, copié sur celui de Charles V au Louvre (qui lui, en revanche, a disparu), pour le décor végétal de la voûte de l’escalier, l’un des grands chefs d’œuvre de la sculpture française flamboyante et enfin pour posséder les plus vieilles latrines de Paris !

Pour la petite histoire, il faut savoir que la Tour porte assez mal son nom : Jean de Bourgogne l’a faite construire spécialement parce qu’il craignait plus que tout d’être assassiné. Le donjon était truffé d’inventions pour tromper d’éventuels assaillants. C’est ainsi que la chambre de son plus proche serviteur était la réplique exacte de la sienne afin d’induire en erreur un éventuel assassin.

Le donjon remplit sa fonction puisque Jean de Bourgogne ne fut pas assassiné à l’intérieur du Donjon… mais au dehors !


Tour Jean sans peur © DR

Renseignements pratiques :
Tour Jean sans peur
20, rue Etienne Marcel
75002 Paris
Tarif : 5 euros, tarif réduit : 3 euros
Sur le Web : www.tourjeansanspeur.com

La Conciergerie, un palais royal qui devint prison


La conciergerie © CMN de Paris

La Conciergerie fut le premier Palais des Capétiens qui, avant d’être rois de France, étaient surtout les seigneurs de l’Ile-de-France. Au Xe siècle, Hugues Capet se sert du Palais pour asseoir son autorité sur ses féodaux, et ses successeurs n’auront de cesse de l’agrandir et de le moderniser.

Sous le règne de Philippe Auguste, au XIIe siècle, le Palais va prendre le nom de Conciergerie en raison de son gouverneur que l’on appelle le Concierge et dont le rôle est d’assurer les fonctions de police et de justice à Paris.

A la fin du XIVe siècle, les rois capétiens quittent définitivement le palais de la Cité au profit du Louvre et de Vincennes. Il sera transformé en prison. L’histoire du Palais s’achèvera tragiquement pour les Rois de France puisque c’est là que la Terreur révolutionnaire fut la plus violente, et que furent enfermés Marie-Antoinette et son fils Louis XVII (qui y mourut en raison des mauvais traitements qu’il y subit, contrairement à la légende


La conciergerie © CMN de Paris

qui voudrait qu’il ait été enlevé et élevé dans le secret en province).

Aujourd’hui, la prison qui a accueilli certains des prisonniers les plus célèbres du Royaume de France se visite tous les jours de l’année. On peut y découvrir les très hautes caves voûtées de style gothique et bien sûr la célèbre Sainte-Chapelle dont on dit qu’elle est le modèle le plus achevé du gothique flamboyant en France.

Renseignements pratiques :
La Conciergerie
2 boulevard du Palais 75001 Paris
Ouverture : toute l’année de 9 h 30 à 18 h
Tarif : 6,50 euros, tarif réduit : 4,50 euros
Sur le Web : www.monumentsnationaux.fr

L’Hôtel de Cluny, le musée du Moyen Âge


Hôtel de Cluny © DR

Le Musée du Moyen Âge est l’un des plus beaux musées de Paris. Il a ceci de tout à fait particulier qu’il présente une cohérence parfaite entre son sujet, le Moyen Âge, et son architecture, un très bel hôtel particulier datant du XVe siècle.

On doit cette réussite à Alexandre du Sommerard, un collectionneur privé du début du XVIIIe qui a racheté l’ancienne demeure des abbés de Cluny pour y installer sa collection d’objets d’art datant du Moyen Âge. Enrichies au cours des années, les collections offrent aujourd’hui un panorama unique sur l’art et l’histoire des hommes de la Gaule romaine au début du XVIe siècle.


Dame à la licorne. « A mon seul désir » © Musée national du Moyen Âge

Au-delà de ces collections, l’hôtel de Cluny doit être visité pour lui-même : il est aujourd’hui le plus ancien témoin d’un hôtel particulier conçu entre cour et jardin. Le principe en est qu’il était clos du côté de la ville par un mur aveugle crénelé, simplement percé d’un portail pour les carrosses et d’un autre pour les piétons. Ce procédé permettait de s’isoler des bruits et du fracas des villes qui étaient sans doute aussi bruyantes, sinon davantage, qu’aujourd’hui.

De l’autre côté, un jardin était organisé pour délasser les habitants de la maison mais aussi les nourrir grâce à un potager, et même les soigner grâce au jardin des « simples », c’est-à-dire de plantes médicinales. En 2000, un jardin d’inspiration médiévale a été créé sur 5 000 m², entre le musée et le boulevard Saint-Germain.

La visite du musée de Cluny est incontournable pour celui qui veut se replonger dans le Paris du Moyen Âge.

Renseignements partiques :
Hôtel de Cluny / Musée national du Moyen Âge
6, place Paul Painlevé – 75005 Paris – Tel : 01 53 73 78 00
Ouverture : toute l’année, tous les jours, sauf le mardi, de 9h15 à 17h45 Tarif : 7,5 euros / réduit : 5,5 euros
Sur le Web : www.musee-moyenage.fr

L’Hôtel de Sens, une bibiothèque d’art dans un palais


Hôtel de Sens © DR

La bibliothèque Forney tire son nom de celui qui en est à l’origine : Samuel-Aimé Forney. Cet industriel parisien avait légué à la Ville de Paris une somme de 200 000 francs destinée à l’éducation des jeunes artisans.

En 1883, le Conseil de Paris décida de la création d’une bibliothèque spécialisée dans les arts et les techniques, où les artisans pourraient venir dessiner ou emprunter des livres et des modèles. Au départ, elle a été installée au premier étage d’une école communale. Mais son succès fut tel que l’on dut lui trouver un emplacement plus approprié : l’Hôtel de Sens fut désignéen 1961.

Cet hôtel présente de nombreuses similitudes avec l’Hôtel de Cluny : ils furent en effet construits à la même époque et suivant des principes similaires. Le neuvième archevêque de Sens, Tristan de Salazar, décida sa construction en 1475 avec pour idée de donner naissance à un bâtiment somptueux (à l’emplacement même de l’ancien hôtel). Les travaux durèrent jusqu’en 1519. C’est la raison pour laquelle son architecture est transitoire entre le Moyen Âge finissant et les premières manifestations de la Renaissance.

Si vous vous demandez pourquoi les archevêques de Sens s’offraient le luxe de posséder une telle demeure à Paris, sachez que c’est parce qu’à l’époque, Paris n’était qu’un évêché et qu’il dépendait de celui de Sens.

Renseignements pratiques :
Hôtel de Sens
1, rue du Figuier 75004 Paris
Ouverture : toute l’année excepté du 29 juin au 19 juillet
Horaires : tous les jours de 13h30 à 20h30 sauf les lundi et dimanche.
Tarif : entrée libre
Sur le Web : www.paris.fr

Une forteresse aux portes de Paris


Château de Vincennes © DR

Le site du Château de Vincennes a été possédé par les Rois de France dès le XIIe siècle : ils en avaient fait un pavillon de chasse.

Les parties les plus anciennes, dégagées par des fouilles, datent du règne de Saint-Louis qui se plaisait tout particulièrement dans cet endroit et qui y avait fait agrandir le manoir existant.

La partie la plus ancienne du château tel qu’il apparaît aujourd’hui au visiteur date du XIVe siècle : il s’agit du donjon que fit élever Charles V. Ce donjon est l’un des mieux conservés de la période du Moyen Âge et l’on vient d’achever sa restauration. Après sa construction, Vincennes devint l’un des symboles forts d’une monarchie qui se voulait puissante et moderne.


Bastion © P. Müller / CMN de Paris

Une Sainte-Chapelle y fut construite en 1379 sur le modèle de la Sainte-Chapelle du Palais de la Cité.

La forteresse connue une période faste au XVIIe siècle, lorsque Mazarin en fut le gouverneur et qu’il décida d’importantes transformations afin d’assurer de manière préventive la sécurité du jeune Louis XIV.
Aujourd’hui, de nombreuses visites commentées, durant entre 45 min et 1h15, vous permettent de visiter ce centre un peu oublié du pouvoir royal de la France d’antan.

Renseignements pratiques :
Château de Vincennes
Avenue de Paris 94300 Vincennes
Ouverture : toute l’année du 2 mai au 31 août de 10h à 18h, et du 1er septembre au 30 avril, de 10h à 12h et de 13h15 à 17h
Tarif : entre 7,50 euros et 4,80 euros
Sur le Web : www.monuments-nationaux.fr
Voir aussi : le diaporama Château de Vincennes

L’enceinte de Philippe Auguste, une muraille cachée


Enceinte de Philippe Auguste © DR

Savez-vous qu’aujourd’hui encore se cachent derrière les portes cochères les vestiges d’une muraille fortifiée dont les parties les plus récentes de 1220 ? Il n’est pas toujours aisé de la voir.

Elle se confond souvent avec des murs d’immeubles aveugles et ses morceaux les mieux préservés sont ceux qui ont été intégrés dans des constructions plus récentes, et ainsi protégés. Mais peu importe : le seul fait qu’elle soit là nous rappelle ce Paris du Moyen Âge où les habitants étaient forcés d’élever de hauts murs pour se protéger des risques d’invasions.

Si vous avez du mal à imaginer ce que pouvait être Paris enserré dans ses fortifications, il faut penser à la ville de Carcassonne telle qu’elle nous est parvenue jusqu’à aujourd’hui, mais en beaucoup plus grand : la muraille parcourait 2 800 m sur la rive droite de la Seine, et 2 600 m sur sa rive gauche. Elle était épaisse d’environ 3 m en moyenne et haute de 9 m. Il faut ajouter à cela une tour de 14 m tous les 70 m. Un ouvrage aussi conséquent ne pouvait que perdurer dans le temps, et cela d’autant plus que de nombreux architectes se servirent d’elle pour économiser la construction d’un mur. C’est ainsi que l’on découvrit avec surprise après la Deuxième Guerre mondiale une cinquantaine de mètres de murs et deux tours très bien préservées, rue des Jardins Saint-Paul, sur la rive droite.

Bien sûr aujourd’hui, la muraille de Philippe Auguste ne peut pas se visiter à la manière d’un musée ou d’une demeure. Mais c’est bien plus intéressant : vous pouvez partir à l’aventure dans les rues à la recherche des vestiges de cette gigantesque construction oubliée. Des guides vous aideront dans votre démarche.

Renseignements pratiques
Arrondissements : 1er, 2e, 3e, 4e, 5e et 6e
Sur le Web : www.philippe-auguste.com

La maison de Nicolas Flamel, le célèbre alchimiste


Maison de Nicolas Flamel

Connaissez-vous Nicolas Flamel ? Si vous êtes un lecteur attentif des aventures d’Harry Potter, vous avez déjà croisé son nom ! Dans le roman, il est censé être l’ami de Dumbledore et possède la Pierre Philosophale. Pure invention ?

Pas tout à fait puisque Nicolas Flamel a bel et bien existé et qu’il est considéré comme l’un des grands alchimistes de son temps.

Nicolas Flamel était un riche bourgeois parisien. On ignore d’où lui provenaient ses revenus. Beaucoup pensent que son travail officiel d’écrivain-juré de l’Université ne suffit pas à expliquer sa fortune. On le soupçonne d’avoir pratiqué l’usure, la spéculation immobilière ou pire, d’avoir géré en sous-main les biens des juifs expulsés du Royaume.


Façade de nuit © L’Internaute / Cécile Debise

Ce qui est presque certain en revanche, c’est que Nicolas Flamel, aidé par sa femme Pernelle, accueillait des malades et les soignait. On peut d’ailleurs toujours lire l’inscription qui invitait les pauvres à se présenter à eux : « Nous homes et femes laboureurs demourans ou porche de ceste maison qui fut faite en l’an de grâce mil quatre cens et sept somes tenus chascun en droit soy dire tous les jours une paternostre et un ave maria en priant Dieu que sa grâce face pardon aus povres pescheurs trespasses Amen ».

La maison du 51, rue de Montmorency présente aujourd’hui un double intérêt puisqu’elle fut d’une part le lieu de résidence de l’un des plus célèbres et des plus mystérieux des Parisiens, et qu’elle est d’autre part la plus ancienne maison de Paris : elle date de 1407.

Renseignements pratiques :
Maison de Nicolas Flamel
51, rue de Montmorency 75003 Paris
Ouverture : toute l’année
Horaires : du lundi au vendredi, 12h-14h30 et 20h-23h30
Tarif : cela dépend de votre repas
Sur le web : www.marie3paris.fr
Lire aussi : l’article sur l’Auberge Nicolas Flamel

Via L’Internaute.Com

Comment devient-on un classique de la parfumerie?

Par Marion Vignal

Etre incontournable et le rester, la majorité des fragrances en rêvent, mais peu y parviennent. Enquête sur ces références olfactives devenues des concentrés de mythes.

Comment devient-on un classique de la parfumerie?

« Un classique atteint une forme d’excellence dans sa structure », explique François Demarchy, parfumeur créateur de Dior.
Benjamin Bouchet pour L’Express Styles

Parmi les mille parfums lancés chaque année, combien marqueront les esprits? Lesquels traverseront l’époque et accéderont au rang de « classiques »? Quelques élus seulement, à en juger par les noms des fragrances qui se bataillent pour les 10 premières places du classement du marché français. Parmi quelques nouveautés aux percées spectaculaires (la Petite Robe noire, de Guerlain, n° 2, et La vie est belle, de Lancôme, n° 3), on retrouve année après année les indétrônables nommés N° 5, J’adore, Shalimar, Angel…  

Des sillages mythiques, qui font autant partie de l’histoire de la parfumerie que de la culture populaire. « N’oublions pas qu’un parfum possède une très forte valeur émotionnelle. C’est un prolongement de soi, il épouse la peau, rappelle l’olfactologue de Givenchy Parfums, Françoise Donche. Porter un ‘classique’, c’est comme avoir une ‘belle pièce’ dans sa garde-robe: un beau manteau, un beau sac. C’est à la fois flatteur et rassurant. »  

Ces fragrances sont des références, mais aussi des concentrés de perfection, comme le rappelle le parfumeur créateur de Dior, François Demachy: « Un classique atteint une forme d’excellence dans sa structure. D’ailleurs, à l’école de parfumerie, on commence par apprendre la composition de plusieurs ‘chefs-d’oeuvre du genre’, comme Arpège, de Lanvin. C’est un passage obligé. » Tout l’enjeu consiste ensuite à dépasser la simple copie pour réussir à écrire une nouvelle histoire. 

« Un grand parfum doit se reconnaître tout de suite et diffuser »

Si personne ne détient de recette secrète ou d’ADN, certains éléments semblent indispensables pour atteindre les premières marches du podium. « Un grand parfum doit se reconnaître tout de suite et diffuser, affirme ainsi le nez d’International Flavors and Fragrances (IFF), Dominique Ropion. Il faut pouvoir l’identifier aux premiers effluves comme on reconnaît une sonate de Beethoven.  » Pour Françoise Lehmann, directrice générale de Lancôme International, c’est aussi un « jus en rupture qui s’aventure vers de nouvelles expériences olfactive ». De fait, contrairement aux fragrances du mass market, qui se contentent de fredonner l’air du moment, les grands affirment leur identité, prennent parti, quitte à choquer ou à prendre le contre-pied de la tendance. 

« Un parfum est un thermomètre de la société, poursuit Françoise Lehmann, il révèle des aspirations. Trésor, raconte-t-elle, est né à la fin des années 1990, après une période business power. Il proposait dans sa forme et dans ses notes de rose un retour à de vraies valeurs, à moins de superficialité. » La rupture, c’est aussi le choix de Jean Paul Gaultier au moment où il lance son tout premier parfum, en 1993, il y a tout juste vingt ans, en association avec Beauté Prestige International (BPI), filiale de Shiseido. « Le flacon est un corps de femme gironde, avec des seins en forme d’obus, rien à voir avec la fille brindille CK One, qui signe la tendance du moment », raconte Isabelle Fulconis, directrice du marketing des parfums Jean Paul Gaultier.  

Et puis il y a cette boîte de conserve métallique qui fait figure d’ovni dans les étals des parfumeries. « Les commerciaux nous ont dit: ‘Préparez-vous à ce qu’on vous renvoie la marchandise à Noël’, se souvient-elle. Ils ont finalement été en rupture de stock et ont tous repassé commande. Mais ça n’était pas gagné. Il y a vingt ans, la parfumerie était encore très statutaire. Le circuit de distribution n’était pas si dense. On offrait un parfum en cadeau comme un joli bijou, aujourd’hui, nous avons plus de concurrents, notamment les iPad et les tablettes.  » 

Les parfums qui ne sont pas soutenus commercialement resteront dans l’ombre

D’où la nécessité de faire parler de soi et de tâcher de ne pas se faire oublier. A ce jeu-là, les marques se livrent une bataille sans merci, à grand renfort d’égéries célèbres, de pubs de plus en plus longues et conçues comme des courts-métrages (d’ailleurs, les réalisateurs de ces clips sont des noms du cinéma, tels que Cédric Klapisch, Romain Gavras, Wes Anderson…), d’expositions muséales (N° 5. Culture Chanel, au Palais de Tokyo, en mai, et Miss Dior, en novembre, au Grand Palais). Si sublimes soient-ils, les parfums qui ne sont pas soutenus commercialement resteront dans l’ombre. C’est le cas de Femme, de Rochas, ou de Fracas, de Robert Piguet, des « grands » au succès pourtant confidentiel.  

« Si la maison décidait d’investir sur la visibilité de Samsara, ce dont je rêverais, ce dernier retrouverait sa place parmi les bests », estime Thierry Wasser, parfumeur de Guerlain. La notion de classique allant de pair avec celle de notoriété, les actrices en vue sont donc les meilleures ambassadrices d’un sillage de marque. Si Opium, lancé en 1977 par Yves Saint Laurent, fait toujours partie du top ten, ce n’est pas seulement parce qu’il incarne la subversion au féminin chère au couturier, c’est aussi parce que la marque (dans le portefeuille de L’Oréal) veille à ce que la flamme ne s’éteigne pas. « Après dix ans d’absence des écrans, nous avons décidé, en 2011, de revenir en force avec l’actrice Emily Blunt comme égérie d’Opium, explique Yann Andréa, directeur international marketing des parfums Yves Saint Laurent. Ce qui nous a permis d’augmenter de 30 % en moyenne nos résultats de vente. »  

Paris, autre grand parfum d’Yves Saint Laurent, composé autour de la rose et de la violette, et qui fête ses 30 ans cette année, ne connaît pas le même régime et reste incarné par de simples mannequins… 

Publicité, flacons collector et autres flankers…

A chacun son heure de gloire. Tout le monde ne peut pas non plus fédérer comme un grand classique. Chez Givenchy, si Dahlia noir reflète le côté sombre de Riccardo Tisci, Very Irrésistible, lancé il y a tout juste dix ans, évoque la fraîcheur juvénile d’une Audrey Hepburn, aujourd’hui modernisée sous les traits d’Amanda Seyfried, 27 ans. La jeune coqueluche de Hollywood vient de prendre la place de Liv Tyler (image du parfum pendant dix ans). Réussira-t-elle, en trois ans de contrat, à donner à ce sillage à la rose une nouvelle jeunesse?  

A côté des campagnes publicitaires, un autre marché bat son plein: celui des flacons collector et autres « flankers », ces formules dérivées du parfum initial. Comprenez, les eaux fraîches, légères, intenses, les essences, les extraits… Cet hiver, Trésor déploie sa version capiteuse avec son Absolu de parfum signé Dominique Ropion, Shalimar invite à un voyage exotique avec son Ode à la vanille, le Flowerbomb de Viktor & Rolf se pare d’une nouvelle robe dorée avec des notes plus orientales. « Nous préférons avoir le moins de variations possibles, explique le duo néerlandais, qui prépare un nouveau parfum pour 2014. Nous nous concentrons des éditions limitées avec des partis pris artistiques forts et une approche très luxueuse de l’objet. » Même stratégie pour Sisley, qui préserve sa formule de l’Eau du soir, mais dévoile chaque hiver un nouveau flacon, à l’esprit slave cette saison. Les fidèles s’arrachent ces collectors, qui, au lieu de faire du tort à la formule initiale, la renforcent. 

Limitations d’usage, ingrédients interdits… »Garantir l’authenticité d’une formule devient une question d’éthique »

Si on peut changer de flacon comme de chemise, la fragrance, elle, se doit de demeurer intacte. Tient-elle encore ses promesses vingt ans, voire cent ans plus tard?  

Entre l’International Fragrance Association (Ifra), qui délivre les limitations d’usage et les interdictions de certains ingrédients (la civette, le castorium), les problèmes de récolte de certaines matières (le santal, la tubéreuse), s’assurer de la qualité d’un jus n’est pas une mince affaire. C’est même souvent une gageure. « Ces normes s’adressent à tout produit parfumé, détergent compris, cela n’a aucun sens, observe François Demachy. Nous rencontrons de plus en plus de problèmes liés à la stabilité des matières, pas seulement en ce qui concerne les naturelles, mais aussi les synthétiques. Or le contrôle de la qualité d’un ingrédient est parfois plus coûteux que l’ingrédient lui-même.  

« Garantir l’authenticité d’une formule devient une question d’éthique. Thierry Wasser a choisi de fabriquer ses propres matières, comme la mousse de chêne, dont il a besoin pour Mitsouko et qui fait l’objet d’une limitation d’usage. Miss Dior, créé en 1947, premier chypré aux notes vertes de l’histoire de la parfumerie, en contient beaucoup.  

« Cette précaution abîme le parfum, regrette amèrement François Demachy. Certains grands, poursuit-il, ont été tués par ces mesures. L’Air du temps, de Nina Ricci, dont la formule contient quantité de salicylate, considéré comme allergène, a ainsi beaucoup souffert. Il a perdu en aspérité. » Et ce ne sera certainement pas le dernier. Le plus dur n’est peut-être pas de devenir un classique, mais de le rester. Avec intégrité. 

En savoir plus sur http://www.lexpress.fr/styles/parfums/comment-devient-on-un-classique-de-la-parfumerie_1294087.html#EDEQZcZgMBvB0OrB.99