Escapade dans le Paris du Moyen Âge


© Steven Levourch/CMN de PAris/CMN de Paris/Henri Manguy

Bien sûr il y a la Tour Eiffel, l’Arc de Triomphe et le Sacré-Cœur : une visite réussie de Paris ne saurait s’en passer. Mais il existe un autre Paris, moins touristique, plus mystérieux : L’Internaute.Com vous invite à découvrir le Paris du Moyen Âge.

La tour Jean sans peur

On ne s’attend pas à trouver, un peu caché au milieu de tous ces immeubles haussmanniens, un donjon médiéval dont l’architecture emprunte immédiatement à la Bourgogne.

Ce donjon, construit de 1409 à 1411, est tout ce qu’il reste des très beaux palais parisiens des Ducs de Bourgogne. D’un point de vue architectural, la Tour est particulièrement réputée pour son grand escalier à vis, copié sur celui de Charles V au Louvre (qui lui, en revanche, a disparu), pour le décor végétal de la voûte de l’escalier, l’un des grands chefs d’œuvre de la sculpture française flamboyante et enfin pour posséder les plus vieilles latrines de Paris !

Pour la petite histoire, il faut savoir que la Tour porte assez mal son nom : Jean de Bourgogne l’a faite construire spécialement parce qu’il craignait plus que tout d’être assassiné. Le donjon était truffé d’inventions pour tromper d’éventuels assaillants. C’est ainsi que la chambre de son plus proche serviteur était la réplique exacte de la sienne afin d’induire en erreur un éventuel assassin.

Le donjon remplit sa fonction puisque Jean de Bourgogne ne fut pas assassiné à l’intérieur du Donjon… mais au dehors !


Tour Jean sans peur © DR

Renseignements pratiques :
Tour Jean sans peur
20, rue Etienne Marcel
75002 Paris
Tarif : 5 euros, tarif réduit : 3 euros
Sur le Web : www.tourjeansanspeur.com

La Conciergerie, un palais royal qui devint prison


La conciergerie © CMN de Paris

La Conciergerie fut le premier Palais des Capétiens qui, avant d’être rois de France, étaient surtout les seigneurs de l’Ile-de-France. Au Xe siècle, Hugues Capet se sert du Palais pour asseoir son autorité sur ses féodaux, et ses successeurs n’auront de cesse de l’agrandir et de le moderniser.

Sous le règne de Philippe Auguste, au XIIe siècle, le Palais va prendre le nom de Conciergerie en raison de son gouverneur que l’on appelle le Concierge et dont le rôle est d’assurer les fonctions de police et de justice à Paris.

A la fin du XIVe siècle, les rois capétiens quittent définitivement le palais de la Cité au profit du Louvre et de Vincennes. Il sera transformé en prison. L’histoire du Palais s’achèvera tragiquement pour les Rois de France puisque c’est là que la Terreur révolutionnaire fut la plus violente, et que furent enfermés Marie-Antoinette et son fils Louis XVII (qui y mourut en raison des mauvais traitements qu’il y subit, contrairement à la légende


La conciergerie © CMN de Paris

qui voudrait qu’il ait été enlevé et élevé dans le secret en province).

Aujourd’hui, la prison qui a accueilli certains des prisonniers les plus célèbres du Royaume de France se visite tous les jours de l’année. On peut y découvrir les très hautes caves voûtées de style gothique et bien sûr la célèbre Sainte-Chapelle dont on dit qu’elle est le modèle le plus achevé du gothique flamboyant en France.

Renseignements pratiques :
La Conciergerie
2 boulevard du Palais 75001 Paris
Ouverture : toute l’année de 9 h 30 à 18 h
Tarif : 6,50 euros, tarif réduit : 4,50 euros
Sur le Web : www.monumentsnationaux.fr

L’Hôtel de Cluny, le musée du Moyen Âge


Hôtel de Cluny © DR

Le Musée du Moyen Âge est l’un des plus beaux musées de Paris. Il a ceci de tout à fait particulier qu’il présente une cohérence parfaite entre son sujet, le Moyen Âge, et son architecture, un très bel hôtel particulier datant du XVe siècle.

On doit cette réussite à Alexandre du Sommerard, un collectionneur privé du début du XVIIIe qui a racheté l’ancienne demeure des abbés de Cluny pour y installer sa collection d’objets d’art datant du Moyen Âge. Enrichies au cours des années, les collections offrent aujourd’hui un panorama unique sur l’art et l’histoire des hommes de la Gaule romaine au début du XVIe siècle.


Dame à la licorne. « A mon seul désir » © Musée national du Moyen Âge

Au-delà de ces collections, l’hôtel de Cluny doit être visité pour lui-même : il est aujourd’hui le plus ancien témoin d’un hôtel particulier conçu entre cour et jardin. Le principe en est qu’il était clos du côté de la ville par un mur aveugle crénelé, simplement percé d’un portail pour les carrosses et d’un autre pour les piétons. Ce procédé permettait de s’isoler des bruits et du fracas des villes qui étaient sans doute aussi bruyantes, sinon davantage, qu’aujourd’hui.

De l’autre côté, un jardin était organisé pour délasser les habitants de la maison mais aussi les nourrir grâce à un potager, et même les soigner grâce au jardin des « simples », c’est-à-dire de plantes médicinales. En 2000, un jardin d’inspiration médiévale a été créé sur 5 000 m², entre le musée et le boulevard Saint-Germain.

La visite du musée de Cluny est incontournable pour celui qui veut se replonger dans le Paris du Moyen Âge.

Renseignements partiques :
Hôtel de Cluny / Musée national du Moyen Âge
6, place Paul Painlevé – 75005 Paris – Tel : 01 53 73 78 00
Ouverture : toute l’année, tous les jours, sauf le mardi, de 9h15 à 17h45 Tarif : 7,5 euros / réduit : 5,5 euros
Sur le Web : www.musee-moyenage.fr

L’Hôtel de Sens, une bibiothèque d’art dans un palais


Hôtel de Sens © DR

La bibliothèque Forney tire son nom de celui qui en est à l’origine : Samuel-Aimé Forney. Cet industriel parisien avait légué à la Ville de Paris une somme de 200 000 francs destinée à l’éducation des jeunes artisans.

En 1883, le Conseil de Paris décida de la création d’une bibliothèque spécialisée dans les arts et les techniques, où les artisans pourraient venir dessiner ou emprunter des livres et des modèles. Au départ, elle a été installée au premier étage d’une école communale. Mais son succès fut tel que l’on dut lui trouver un emplacement plus approprié : l’Hôtel de Sens fut désignéen 1961.

Cet hôtel présente de nombreuses similitudes avec l’Hôtel de Cluny : ils furent en effet construits à la même époque et suivant des principes similaires. Le neuvième archevêque de Sens, Tristan de Salazar, décida sa construction en 1475 avec pour idée de donner naissance à un bâtiment somptueux (à l’emplacement même de l’ancien hôtel). Les travaux durèrent jusqu’en 1519. C’est la raison pour laquelle son architecture est transitoire entre le Moyen Âge finissant et les premières manifestations de la Renaissance.

Si vous vous demandez pourquoi les archevêques de Sens s’offraient le luxe de posséder une telle demeure à Paris, sachez que c’est parce qu’à l’époque, Paris n’était qu’un évêché et qu’il dépendait de celui de Sens.

Renseignements pratiques :
Hôtel de Sens
1, rue du Figuier 75004 Paris
Ouverture : toute l’année excepté du 29 juin au 19 juillet
Horaires : tous les jours de 13h30 à 20h30 sauf les lundi et dimanche.
Tarif : entrée libre
Sur le Web : www.paris.fr

Une forteresse aux portes de Paris


Château de Vincennes © DR

Le site du Château de Vincennes a été possédé par les Rois de France dès le XIIe siècle : ils en avaient fait un pavillon de chasse.

Les parties les plus anciennes, dégagées par des fouilles, datent du règne de Saint-Louis qui se plaisait tout particulièrement dans cet endroit et qui y avait fait agrandir le manoir existant.

La partie la plus ancienne du château tel qu’il apparaît aujourd’hui au visiteur date du XIVe siècle : il s’agit du donjon que fit élever Charles V. Ce donjon est l’un des mieux conservés de la période du Moyen Âge et l’on vient d’achever sa restauration. Après sa construction, Vincennes devint l’un des symboles forts d’une monarchie qui se voulait puissante et moderne.


Bastion © P. Müller / CMN de Paris

Une Sainte-Chapelle y fut construite en 1379 sur le modèle de la Sainte-Chapelle du Palais de la Cité.

La forteresse connue une période faste au XVIIe siècle, lorsque Mazarin en fut le gouverneur et qu’il décida d’importantes transformations afin d’assurer de manière préventive la sécurité du jeune Louis XIV.
Aujourd’hui, de nombreuses visites commentées, durant entre 45 min et 1h15, vous permettent de visiter ce centre un peu oublié du pouvoir royal de la France d’antan.

Renseignements pratiques :
Château de Vincennes
Avenue de Paris 94300 Vincennes
Ouverture : toute l’année du 2 mai au 31 août de 10h à 18h, et du 1er septembre au 30 avril, de 10h à 12h et de 13h15 à 17h
Tarif : entre 7,50 euros et 4,80 euros
Sur le Web : www.monuments-nationaux.fr
Voir aussi : le diaporama Château de Vincennes

L’enceinte de Philippe Auguste, une muraille cachée


Enceinte de Philippe Auguste © DR

Savez-vous qu’aujourd’hui encore se cachent derrière les portes cochères les vestiges d’une muraille fortifiée dont les parties les plus récentes de 1220 ? Il n’est pas toujours aisé de la voir.

Elle se confond souvent avec des murs d’immeubles aveugles et ses morceaux les mieux préservés sont ceux qui ont été intégrés dans des constructions plus récentes, et ainsi protégés. Mais peu importe : le seul fait qu’elle soit là nous rappelle ce Paris du Moyen Âge où les habitants étaient forcés d’élever de hauts murs pour se protéger des risques d’invasions.

Si vous avez du mal à imaginer ce que pouvait être Paris enserré dans ses fortifications, il faut penser à la ville de Carcassonne telle qu’elle nous est parvenue jusqu’à aujourd’hui, mais en beaucoup plus grand : la muraille parcourait 2 800 m sur la rive droite de la Seine, et 2 600 m sur sa rive gauche. Elle était épaisse d’environ 3 m en moyenne et haute de 9 m. Il faut ajouter à cela une tour de 14 m tous les 70 m. Un ouvrage aussi conséquent ne pouvait que perdurer dans le temps, et cela d’autant plus que de nombreux architectes se servirent d’elle pour économiser la construction d’un mur. C’est ainsi que l’on découvrit avec surprise après la Deuxième Guerre mondiale une cinquantaine de mètres de murs et deux tours très bien préservées, rue des Jardins Saint-Paul, sur la rive droite.

Bien sûr aujourd’hui, la muraille de Philippe Auguste ne peut pas se visiter à la manière d’un musée ou d’une demeure. Mais c’est bien plus intéressant : vous pouvez partir à l’aventure dans les rues à la recherche des vestiges de cette gigantesque construction oubliée. Des guides vous aideront dans votre démarche.

Renseignements pratiques
Arrondissements : 1er, 2e, 3e, 4e, 5e et 6e
Sur le Web : www.philippe-auguste.com

La maison de Nicolas Flamel, le célèbre alchimiste


Maison de Nicolas Flamel

Connaissez-vous Nicolas Flamel ? Si vous êtes un lecteur attentif des aventures d’Harry Potter, vous avez déjà croisé son nom ! Dans le roman, il est censé être l’ami de Dumbledore et possède la Pierre Philosophale. Pure invention ?

Pas tout à fait puisque Nicolas Flamel a bel et bien existé et qu’il est considéré comme l’un des grands alchimistes de son temps.

Nicolas Flamel était un riche bourgeois parisien. On ignore d’où lui provenaient ses revenus. Beaucoup pensent que son travail officiel d’écrivain-juré de l’Université ne suffit pas à expliquer sa fortune. On le soupçonne d’avoir pratiqué l’usure, la spéculation immobilière ou pire, d’avoir géré en sous-main les biens des juifs expulsés du Royaume.


Façade de nuit © L’Internaute / Cécile Debise

Ce qui est presque certain en revanche, c’est que Nicolas Flamel, aidé par sa femme Pernelle, accueillait des malades et les soignait. On peut d’ailleurs toujours lire l’inscription qui invitait les pauvres à se présenter à eux : « Nous homes et femes laboureurs demourans ou porche de ceste maison qui fut faite en l’an de grâce mil quatre cens et sept somes tenus chascun en droit soy dire tous les jours une paternostre et un ave maria en priant Dieu que sa grâce face pardon aus povres pescheurs trespasses Amen ».

La maison du 51, rue de Montmorency présente aujourd’hui un double intérêt puisqu’elle fut d’une part le lieu de résidence de l’un des plus célèbres et des plus mystérieux des Parisiens, et qu’elle est d’autre part la plus ancienne maison de Paris : elle date de 1407.

Renseignements pratiques :
Maison de Nicolas Flamel
51, rue de Montmorency 75003 Paris
Ouverture : toute l’année
Horaires : du lundi au vendredi, 12h-14h30 et 20h-23h30
Tarif : cela dépend de votre repas
Sur le web : www.marie3paris.fr
Lire aussi : l’article sur l’Auberge Nicolas Flamel

Via L’Internaute.Com

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