Managers : pour soutenir votre équipe, fermez votre porte !

« Je suis toujours là pour aider les membres de mon équipe, la preuve, je leur dis régulièrement que ma porte est toujours ouverte s’ils ont besoin de moi ».

door-lock-391436_1280 À l’heure où les préoccupations relatives aux risques psychosociaux et à la qualité de vie au travail deviennent centrales pour les entreprises, cette phrase a de quoi surprendre.

Quand on évoque le soutien managérial, de quoi parle-t-on exactement ? Il s’agit de la capacité du manager à aider et à accompagner son équipe dans la résolution de problèmes.

Ce soutien peut prendre deux formes différentes : le soutien opérationnel qui consiste à aider dans l’activité (je te donne un coup de main pour réaliser une tâche) ou le soutien émotionnel (je t’invite à discuter dans mon bureau si je vois que tu ne vas pas bien).

On le sait aujourd’hui, le soutien est une dimension essentielle du management au sens où il génère à la fois performances, alliance managériale, confiance et bonne ambiance dans l’équipe. Mais peut-on soutenir de façon passive ? 

Dire que sa porte est toujours ouverte, est-ce vraiment du soutien ?

Non seulement la réponse est négative, mais en plus cette phrase risque d’altérer profondément la capacité du manager à soutenir et à faire son travail.

En effet, pour qu’un soutien soit efficace et activé, le manager doit être actif. Ainsi, vous avez beaucoup moins de chances d’être sollicité si vous dites que votre porte est toujours ouverte que si vous proposez directement votre soutien.

Pour faire simple, mieux vaut demander régulièrement aux membres de votre équipe s’ils vont bien et ce dont ils ont besoin plutôt que leur dire que vous êtes « dérangeable » à tout moment.

Dans notre culture (et c’est encore plus vrai dans certains secteurs d’activité dans lesquels la virilité est fortement ancrée), demander du soutien est associé à une situation de faiblesse. Un certain nombre de personnes hésitera, donc, à demander de l’aide afin ne pas passer pour un « faible », même si l’aide est réellement nécessaire pour faire progresser le travail.

En parallèle, votre porte ne peut pas être toujours ouverte car vous avez besoin de temps pour faire votre travail, pour vous concentrer et prendre de la hauteur.

Les études réalisées à ce sujet montrent qu’un cadre français est dérangé, en moyenne, toutes les 12 minutes dans son travail, ce qui morcelle la concentration, augmente le stress et diminue les performances tout en augmentant le risque d’erreurs.

Pour éviter d’être sollicité de façon intempestive trop régulièrement, il est nécessaire de bénéficier d’un « sanctuaire », c’est-à-dire d’un temps et d’un espace dans et durant lesquels vous pouvez vous concentrer. Les bénéfices sont doubles : non seulement vous serez plus efficace dans votre travail mais, en plus, vous deviendrez rapidement un meilleur soutien pour votre équipe.

Comment est-il possible de mieux soutenir en étant moins présent ?

Tout simplement parce que tous les soutiens ne se valent pas : si vous êtes sollicité trop régulièrement, vos qualités d’écoute et votre capacité à être dans l’ici et maintenant seront altérées. En bref, vous serez présent physiquement mais pas mentalement et vous ne répondrez donc pas bien aux demandes de votre équipe (on écoute moins bien lorsqu’on pense à tout le travail qui s’accumule en parallèle).

Au contraire, si vous avez eu le temps de réaliser votre travail dans le calme et la concentration, vous deviendrez vraiment présent et pertinent pour répondre à vos collaborateurs.

Pour être efficace et performant à la fois dans votre travail de manager et dans le soutien de vos équipes, pensez à fermer votre porte et à proposer directement votre soutien. 

Via MiroirSocial.Com

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Comment gérer ses émotions au travail

Par Marie-Pierre Noguès-Ledru

Les émotions font souvent peur en entreprise. Elles fonctionnent pourtant comme autant d’indices pour comprendre ce qui se passe en soi et agir en conséquence. Avis d’experts pour savoir… qu’en faire. 
Comment gérer ses émotions au travailLa colère, comme le « ras-le-bol » ou l’agacement sont des émotions dont on ne contrôle pas la venue. Mais il faut adapter son comportement pour ne pas se laisser déborder.
istock

Les émotions (du latin « movere », mettre en mouvement) ont à l’origine une fonction de survie pour l’espèce: « la colère nous permet d’attaquer, la peur de fuir, explique Bruno Lefebvre, psychologue et coach au sein du cabinet AlterAlliance. Les émotions font partie de la vie et il est temps d’abandonner cette illusion que nous pourrions penser et agir de manière cartésienne, sans en ressentir. » 

Un refoulement néfaste

En entreprise pourtant, les émotions sont suspectes. « Les managers ou dirigeants sont peu éduqués à leur prise en compte, remarque Bruno Lefebvre. Par leur caractère irrationnel, elles font peur. Le monde professionnel ne cerne pas bien leur utilité et les considère comme appartenant à la sphère privée. » Conséquence: « elles sont ignorées, refoulées ou enfouies dans des non-dits qui perturbent les relations et créent des tensions », remarque Anne Tricault, coach et formatrice au sein de l’organisme Personnalité et relations humaines (PRH). Les émotions ont pourtant une fonction d’alerte. Elles sont le signe que mon organisme, ma sensibilité, ont perçu une information qui n’est pas encore parvenue à mon intellect. » 

Le risque n’est pas tant dans l’émotion elle-même que dans le comportement que celle-ci nous pousse à adopter. Laisser s’exprimer une émotion brute n’est ainsi ni souhaitable ni acceptable dans l’univers professionnel. « D’où la nécessité de m’arrêter, de la décoder au lieu de foncer tête baissée dans l’expression de celle-ci », conseille Anne Tricault. Par exemple: je suis en colère, je n’y peux rien. Mais dois-je forcément me mettre à hurler contre mon collègue qui a déclenché cette colère? L’attitude constructive serait plutôt d’en prendre acte de cette colère, de la nommer, en disant à mon interlocuteur: « Je préfère que nous discutions de ce sujet plus tard car je suis trop en colère pour le moment. »  

Savoir repérer les signaux avant-coureurs

« Généralement, nous ne repérons que les émotions fortes, à côté desquelles il nous est impossible de passer, observe Bruno Lefebvre. Mais apprendre à prêter attention aux « signaux faibles » nous informe de ce qui se passe en nous et nous donne alors une liberté pour agir. » Par exemple, en entretien, votre interlocuteur parle lentement et vous impatiente. 

Si vous ne prenez pas quelques secondes pour repérer cette impatience, vous risquez de laisser paraître votre agacement, de lui couper la parole… Si vous prenez le temps d’accueillir cette impatience, vous serez mieux à même de choisir la manière de vous comporter. « Etre à l’écoute de ses émotions nous conduit à décider de notre comportement, de nos actes, au lieu de nous laisser mener par elles, résume Bruno Lefebvre. Il s’agit finalement de retrouver une marge de manoeuvre. » 

Ecrire et… respirer

Premier conseil: ne pas s’en vouloir quand l’émotion survient et surtout de ne pas la refouler. Ensuite, se mettre « à son écoute »: « Qu’est-ce qui se passe? Qu’est-ce que je ressens? ». « Plus vous détecterez tôt votre émotion, dès ses premiers signes, moins vous risquerez de vous laisser déborder », pointe Anne Tricault. L’écriture est très efficace pour faciliter l’expression de l’émotion. « Ecrivez ce que vous ressentez, tout ce qui vous vient à l’esprit, sans vous censurer. Cela a pour effet de vider la charge émotionnelle qui vous habite et de mieux la comprendre », propose Bruno Lefebvre.  

L’émotion étant une réaction physiologique une réponse « corporelle » permet aussi de rétablir l’équilibre: respirer lentement et profondément, aller marcher, boire un verre d’eau… 

Des signes positifs

« Refouler ou fuir ses émotions n’est pas neutre, observe Anne Tricault. Au lieu de regarder les choses en face, et surtout de comprendre ce qui se passe en soi, on risque d’accuser les autres, ou la fatalité, ou encore de développer des mécanismes de compensation. » Des sentiment dommageables… 

Vous traînez les pieds pour aller au bureau tous les matins? Votre mental vous rassure en vous disant que vous avez de la chance d’avoir un job en ces temps de crise. Mais si vous écoutez vraiment cette émotion, peut-être découvrirez-vous que vous n’en pouvez plus de ce travail et qu’il est peut-être temps de réfléchir à aller voir ailleurs.

Via L’Express.Fr